Opera Autorouta

Visual Art

2008 | premier court-métrage performé, filmé et réalisé par Porsperger | 7 minutes & 9 minutes | art vidéo

Une performance chantée en marchant le long d’une autoroute.
Une histoire non-narrative, une promenade sonore dans un environnement négligé : une autoroute belge.
Une interprétation musicale de la réalité.

A way of discovering and showing an environment.
A way of appreciating voice and aria’s opera.

L’autoroute est-il un lieu possible d’expression poétique ou une voie vaine de transmission de messages pour conducteurs pressés.

Volontés du performeur : 

JOUR 1 : discrétion, être à la dimension d’un insecte, constater et enregistrer,
JOUR 2 : nécessité de réagir, de réveiller, de convaincre les conducteurs,

Un opéra personnel créé en regard avec les lieux. Utilisant ses ressources d »ingénieur agronome spécialisé en aménagement des territoires, Porsperger travaille sur une vision à 360 d° d’un espace, d’une ville, d’une région. Le processus de création consiste à construire des images (visuelles et sonores) en fonction de l’environnement : pas d’idées prédéfinies, de scénarios ni de cadres, Porsperger analyse et interprète ce qu’il observe. Pas à pas, il construit une sorte de tour guidé inédit du lieu, utilisant l’humour, l’étrange, la mise en danger, le beau, l’impressionnant…

Jérôme Porsperger s’intéresse particulièrement aux endroits oubliés, ceux qui normalement la population ne considère pas. Les endroits cachés, oubliés, vides, il y révèle leur histoire, leur poésie.

Il utilise sa voix, en chanteur contre-ténor et en bruitiste, ainsi que l’environnement pour créer une forme contemporaine d’opéra. Il offre ainsi des interprétations de Mozart, Bach, Haendel ou Purcell, entre autres. Dans son design sonore, il utilise également la multiplicité des sons spécifiques aux lieux.

Proposition de voyage

Nouvelle solitude dans des espaces créés par la société moderne
Fragilité, mise à nu, solitude, indifférence des voitures
Aller chanter là où jamais la musique n’a résonné
Autre point de vue de l’autoroute par rapport au confort habituel de la voiture
Paysages oubliés…
Paysages détruits…
Changeons de point de vue
Visages cachés de l’autoroute
Qui s’arrêterait pour regarder de plus près

Réalité cachée
Le paysage n’a plus d’importance et, subterfuge, la vitesse de la voiture dissimule la réalité.
Mais qu’est ce qu’on est bien sur l’autoroute dans sa voiture confortablement lancée à 140 à l’heure…
Et la réalité ? Déjà passée, derrière vous ….

Poésie de l’autoroute
Béton, lignes, camions-tourbillons
coins fragiles, plantes dans les fissures, animaux écrasés
dessous de ponts déserts, tunnels gouffres, couchés de soleils anonymes, perdus du regard
silences soudains, claques de vent, oiseaux, cris venant d’un terrain de foot
1, 2, 3 camions-tourbillons, des sons lourds et ronds, lents et venteux, monotones
klaxons, sirènes, police
couché de soleil exclusif
j’ai vu ce que le pont voit tous les jours mais qu’il ne partage pas
il est seul ce pont, personne n’y descend jamais.
Et volent au dessus des oiseaux très hauts dans le rouge ciel que personne n’entend.

Poitiers | Festival OFNI | 2009 |
Arles | Festival de l’Image Environnementale | 2010