Salon Traviata

Multimedia


SALON TRAVIATA
2007 | projet collaboratif avec Margherita Isola | (collectif JerMa) | 3 heures | installation interactive, espace performatif, design sonore

Traviata : broderie & musique
Une performance de quatre heures dans laquelle M. Isola brode et disparaît sous son travail pendant que J. Porsperger remixe Traviata en la rendant aussi de moins en moins audible.

« Traviata » provient de « s’égarer » « se perdre ». Le prétexte est le drame de l’amour. Un drame où l’amour passionné se transforme en une obsession de l’amour. L’interprète et le DJ mettent en scène simultanément leur propre version de La Traviata; l’interprète mène une danse brodant sur un carré de tissu blanc tandis que le Dj crée un mixage plastique à partir de La Traviata.

Le public joue également un rôle actif dans la création et dans le développement de la performance. L’espace de la performance est composé de plusieurs petits espaces autonomes où les différentes interactions avec le public doivent avoir lieu. Le résultat est que la performance est faite de quatre couches différentes dramaturgiques: La Traviata de Verdi, la Traviata du Dj, la Traviata de l’interprète et la Traviata du public.

La Traviata de Verdi :
Violetta et Alfredo sont amoureux. Poussé par son père, Violetta sacrifie son amour. Celà la rend malade, (tuberculose) jusqu’à ce qu’elle meure dans son lit, dans les bras d’Alfredo.

La Traviata du DJ :
Porsperger crée une constellation sonore qui embrasse toute l’action performative sans perdre son indépendance. Il crée son mix intervenant physiquement sur son jeu instrumental, en utilisant des objets et en effectuant des actions. Il crée des bruits, des déformations, des boucles, ajoute d’autres sons ou musiques concrètes. Il utilise également sa voix pour faire des sons abstraits au microphones et des moments lyriques a capella. La dimension sonore est essentiellement basée sur la musique de Verdi, contaminée avec d’autres textures sonores. La dimension sonore étend du lyrisme à des textures brutes, de la partition dématérialisée jusqu’au silence complet.

La Traviata de la performeur :
M. Isola redonne une version muette du drame. Dans cette version, elle est à la fois solitude et corps qui se multiplie jusqu’à ce qu’il s’annule. Les éléments de l’action sont une pièce blanche carré de tissu (2 x 2mètres), un corps nu. Avec un peignoir bleu, une séquence physique constituée de postures érotiques, une aiguille et un fil blanc à broder. L’artiste joue une séquence physique, sur la base de différentes postures érotiques. La broderie devient une danse abstraite de l’écriture. La Traviata de l’interprète se termine lorsque toutes les traces sont brodées en blanc. Un appareil photo est réglé sur le plafond au-dessus du carré de tissu. L’appareil est connecté à un écran de télévision qui montre l’action à partir d’une perspective de dessus. Ainsi, le public peut suivre la danse de broderie à la fois en direct et sur l’écran.

La Traviata du spectateur :
Lorsque le spectateur entre dans l’espace de la performance, il devient aussi acteur. Son accès dans
l’espace correspond au son de deux couteaux métalliques accrochés à la porte d’entrée. L’espace de la performance est divisé en différents espaces où le public est invité à rester un certain temps, comme une sorte de représentation physique des moments clés de La Traviata. En d’autres termes, le public est invité à produire des situations qui correspondent à certains points cruciaux dramaturgiques de La Traviata.

Ces points cruciaux sont :
– 1 rectangle constitué le flyers de la performance
– 1 i-pod contenant une playlist à laquelle le public est invité à écouter et à danser,
– 1 canapé noir où il peut manger et boire,
– 1 lit noir et rouge pour regarder la scène et s’allonger,
– 2 chaises opposés ; sur une chaise, le livret de La Traviata peut être lus afin de connaître l’histoire originale du drame, sur l’autre chaise, le public peut écrire ses pensées et ses sentiments sur sa propre version du drame,
– 1 miroir pour se regarder,
– 1 mégaphone utilisable à tous moments (dire, chanter, crier, respirer…)

Bruxelles | Bains Connective | 2007